Archive pour février 2012

LA DICTATURE DE REVENU QUÉBEC

Vendredi 17 février 2012

Deux articles fort judicieux au sujet de l’incompétence et l’intransigeance de Revenu Québec, publiés récemment dans LA PRESSE sous la plume de Michel Girard, ont probablement instruit les lecteurs mais n’ont surpris quiconque œuvre dans le domaine de la fiscalité. Il est même surprenant que ceci ne fasse pas la manchette plus régulièrement. Une partie de l’explication provient du fait que les dossiers sont habituellement débattus par des firmes comptables qui ne veulent pas se mettre à dos des fonctionnaires qu’ils devront croiser régulièrement dans le futur.

Forts des pouvoirs et des présomptions d’infaillibilité que la Loi leur concède, les vérificateurs et les agents de perception de l’Agence du revenu du Québec ont le champ libre pour agir à leur guise. Une compétence limitée et des objectifs de rendement excessifs provoquent des dérapages importants. Étant actif dans ce domaine depuis trente ans, je pourrais écrire des anecdotes sur le sujet qui dépasseraient l’œuvre complète de Balzac.

Malgré qu’éventuellement, les représentations des contribuables puissent aboutir à la correction des éléments erronés contenus dans les cotisations émises, ceux-ci doivent assumer le coût d’imposants honoraires professionnels et de frais inhérents, en plus d’avoir vécu de longues inquiétudes, vu l’importance des montants en jeu et les délais ahurissants nécessaires au traitement des dossiers. Souvent, des contribuables acceptent de payer des montants non-justifiés plutôt que de s’investir dans une bataille coûteuse à l’issue incertaine.

Heureusement, des brèches commencent à apparaître dans la carapace d’invulnérabilité de Revenu Québec. Ainsi, dans le cadre de procédures visant à déterminer la responsabilité de l’Agence dans la faillite d’une entreprise pourtant solvable, suite à la saisie intempestive et semble-t-il non-fondée de son compte bancaire, paralysant par le fait même ses opérations, l’Honorable Juge Michel Déziel déclare que contrairement à la prétention de Revenu-Québec à l’effet que « la saisie du compte bancaire est le moyen de perception privilégié et constitue la mesure la plus douce », il s’agit plutôt d’une mesure que l’on peut qualifier « d’arme nucléaire dans les circonstances». (Groupe Enico ltée c. sous-ministre du revenu, Cour Supérieure, septembre 2011).

Espérons que ceci sera le prélude à un changement d’orientation dans les attitudes de Revenu Québec envers les contribuables, présumés coupables.

Sylvain Bessette, CA

BFR comptables agréés, Laval.

Augmentation du taux de la TVQ le 1er janvier 2012

Vendredi 17 février 2012

Suite au budget 2009-2010 présenté le 19 mars 2009 dernier, la TVQ se chiffre dorénavant à 9.5%, une augmentation de 1% par rapport à 2011. Ceci fait partie, entre autre, des mesures appliquées par le gouvernement pour ramener le déficit à zéro.

L’impact de cette mesure fait en sorte que vous devrez dorénavant payer 9.5% de taxe provinciale sur l’achat de vos fournitures taxables. Cette hausse sera applicable sur tout achat effectué après le 31 décembre 2011.

La TVQ se calcule sur une contrepartie qui comprend la TPS au taux de 5%. Par conséquent, le taux effectif approximatif sera de 14,975%. Également, le régime de la TVQ autorise les entités inscrites à la TPS&TVQ qui n’ont pas de caisse enregistreuse assez sophistiquées pour calculer le taux réel, à employer des facteurs mathématiques arrondis. Ainsi, le taux combiné pour calculer la TPS&TVQ serait de 14.97%.

Quelques petites spécifications :

· Si vous œuvrez dans le domaine de la vente de fournitures, les ententes conclues après le 31 décembre 2011 selon laquelle la propriété et la possession des biens seront transférés à l’acquéreur après le 31 décembre 2011 seront assujettis à la TVQ au taux de 9.5%

· Si vous avez conclu des ententes qui feront en sorte que les services seront rendus sur une plage de temps chevauchant les deux années, soit 2011 et 2012, le taux applicable sera de 9.5% pour les biens et services délivrés après le 31 décembre 2011 seulement.

· Pour les échanges de biens acquis avant le 1er janvier 2012 et retournés après le 31 décembre 2011, il n’y aura aucune conséquence fiscale, c’est-à-dire aucun remboursement ou paiement de la TVQ ne sera exigé. Cependant, si l’échange implique le paiement d’un montant additionnel, alors le taux de 9,5% sera applicable.

· Dans le cas d’un plan de paiement à versement égaux d’un bien ou service, la facture devra rendre compte d’une conciliation de la TVQ au taux de 8.5% pour les services ou bien rendus disponible avant le 1er janvier 2012.

Marie-Pier Comeau,CA